Cette recherche propose de mieux comprendre les conséquences de la pandémie sur l’apparition et la prise en charge des souffrances psychiques. Elle s’attache aux nouveaux profils de patients soignés pour maladies psychiatriques de deux tranches d’âges : 18-24 ans et 50-64 ans. Composée d’un volet quantitatif et d’un volet qualitatif, elle porte sur les régions de Bourgogne-Franche-Comté et de Centre-Val de Loire.
L’analyse quantitative est réalisée à partir des données du Système national des données de santé – SNDS. Entre 2016-2021, elle fait apparaître une forte augmentation de prise en charge en santé mentale sur la période « liée à la crise Covid » chez les jeunes de 18-24 ans déjà suivis. Bien que l’augmentation soit moins marquée, les personnes de 50-64 ans « nouveaux » patients sont aussi concernées. La typologie des parcours de soins permet de nuancer ces premiers constats, l’impact de la crise Covid étant plus ou moins marqué selon les groupes-type d’individus.
L’analyse sociologique s’est construite autour de 29 entretiens auprès des personnes concernées. Elle s’est axée sur les épisodes de mal-être identifiés par les personnes et les symptômes associés à ceux-ci. Cette analyse montre, pour les deux classes d’âge étudiées, que la crise sanitaire a constitué un moment inédit de déclenchement ou d’intensification des troubles psychiques quelle que soit la temporalité d’apparition des troubles.
Les souffrances sont apparues à divers moments : dès le premier confinement pour certains, et pour d’autres à des moments ultérieurs, ce qui témoigne du caractère diffus de son influence. Dans de nombreux cas les souffrances vécues durant la crise sont le prolongement d’expériences antérieures. On constate que quelques mois de mise à distance de la vie sociale ont parfois suffi à transformer les manières d’interagir.

